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27 février 2007
Innovons...
Pour inviter les Français à voter pour eux, les candidats ont un mot à la bouche : l’innovation. Ainsi, quand on parle d’innover, les électeurs imaginent qu’on évoque « la politique autrement », c’est-à-dire « l’ordre juste émanant des débats participatifs et citoyens » infligés par la dompteuse d’éléphants roses ; ou bien les acrobaties politiques rêvant de marier la carpe et le lapin, fût-il du Béarn. Non, je ne parle pas de ces combinazione. Tandis que nous débattons de ces vaines chicanes, la France passe d’une économie d’imitation (où il s’agissait de rattraper notre retard technologique) à une économie d’innovation. Cela suppose un mode d’organisation différent, reposant sur du « transfert de technologies », donc sur des liens beaucoup plus étroits entre enseignement, recherche et monde économique.
Qui parle de tout cela ? Non, on préfère des élucubrations sur des coalitions improbables, des supputations sur les ondulations sondagiques. Pendant qu'on parade, la mondialisation continue : elle permet une mobilité beaucoup plus grande des professions intellectuelles (professeurs, chercheurs, artistes) et donc une mise en concurrence au sein d’une sorte de marché mondial de l’intelligence. Sur ce sujet, il est dérisoire de décrier un complot universel et de se lancer dans des imprécations. De nombreux pays l’ont compris depuis bien longtemps : la croissance économique actuelle repose de plus en plus sur l’intelligence : notamment sur la qualification de la main d’œuvre, sur sa faculté d’adaptation et d’imagination. Il n’y a pas, d’un côté, l’empire bicéphale du marché et de la bêtise et, de l’autre, le royaume désintéressé de l’intelligence et de la culture. Si tel était le cas, la logique de marché, privilégiée par les Etats-Unis, aurait dû y entraîner la disparition des intellectuels et des artistes. Or c’est l’inverse : on assiste à une « fuite des cerveaux » vers l’autre côté de l’Atlantique. A l’heure où le monde devient plus complexe, plus déroutant et imprévisible, il s’agit, non pas d’être adapté mais adaptable. Ce qui exige la liberté de l’esprit, qui se fonde sur une bonne culture générale. Former, aujourd’hui, c’est moins que jamais formater des cerveaux qui pourront ensuite être livrés “clés en main” aux entreprises. Les employeurs eux-mêmes nous le disent : ce qu’ils recherchent, ce sont des esprits ouverts, sans préjugés, capables de se familiariser très vite avec des réalités et des techniques nouvelles. Il ne suffira pas de mixer des hommes de gauche et des hommes de droite pour traiter de tels sujets. Il est vrai qu'étant essentiels ils n'intéressent personne.
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Commentaires
Cher Monsieur, votre opinion est fort intéressante, certes, mais quid de ces instituteurs, professeurs, employeurs, recruteurs ou décideurs de toutes sortes qui vous targuent, au mieux d'insolence et au pire vous laissent sur carreau lorsque un esprit curieux et sans à priori tente modestement une remise en question ou un approfondissement de sujets aussi divers que variés? Ces employeurs demandeurs de cerveaux & d'intelligence sont une denrée rare, aussi si vous avez quelques contacts, je suis preneuse car depuis 10 ans que je revendique mon droit au travail je n'en ai guère rencontré. Cordialement.
Ecrit par : Rouet | 28 février 2007
helas, rouet a raison - les recruteurs sont des gens stereotypés qui mettent les individus dans des cases afin de trouver "le profil adapté".. en dehors de cette voie royal(e) (sans jeu de mots ?) , point de salut... la seule chance qu'un individu a est de rencontrer le dirigeant, avant qu'il ne se soit defaussé sur ces individus qui ont comme fond de commerce de nous debiter en tranches, ou nous placer sur des courbes de gauss....
Ecrit par : aborig | 01 mars 2007
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