« 2006-12 | Page d'accueil
| 2007-02 »
31 janvier 2007
Soeur sourire
Aujourd'hui, je me contenterai d'une longue citation. Elle reprend l'essentiel d'un des "exorcismes" du regretté Philippe Muray, décédé à l'automne dernier. J'ai dit déjà mon admiration illimitée pour Philippe Muray. Mais jugez par vous-même : ce génie était aussi un prophète, puisque ce texte a été écrit en septembre 2004... Il s'intitule "Un sourire à visage humain".
"Notre époque ne produit pas que des terreurs innommables, prises d’otages à la chaîne, réchauffement de la planète, massacres de masse, enlèvements, épidémies inconnues, attentats géants, femmes battues, opérations suicide. Elle a aussi inventé le sourire de Ségolène Royal. C’est un spectacle de science-fiction que de le voir flotter en triomphe, les soirs électoraux, chaque fois que la gauche, par la grâce des bien-votants, se trouve rétablie dans sa légitimité transcendantale. […] C’est un sourire qui a déjà écrasé bien des ennemis du genre humain sous son talon de fer (le talon de fer d’un sourire ? la métaphore est éprouvante, j’en conviens, mais la chose ne l’est pas moins) : le bizutage par exemple, et le racket à l’école. Ainsi que l’utilisation marchande et dégradante du corps féminin dans la publicité.
Il a libéré le Poitou-Charentes en l’arrachant aux mains des Barbares. Il a lutté contre la pornographie à la télé ou contre le string au lycée. Et pour la cause des femmes. En reprenant cette question par le petit bout du biberon, ce qui était d’ailleurs la seule manière rationnelle de la reprendre. On lui doit également la défense de l’appellation d’origine du chabichou et du label des vaches parthenaises. Ainsi que la loi sur l’autorité parentale, le livret de paternité et le congé du même nom. Sans oublier la réforme de l’accouchement sous X, la défense des services publics de proximité et des écoles rurales, la mise en place d’un numéro SOS Violences et la promotion de structures-passerelles entre crèche et maternelle.
C’est un sourire près de chez vous, un sourire qui n’hésite pas à descendre dans la rue et à se mêler aux gens. Vous pouvez aussi bien le retrouver, un jour ou l’autre, dans la cour de votre immeuble, en train de traquer de son rayon bleu des encoignures suspectes de vie quotidienne et de balayer des résidus de stéréotypes sexistes, de poncifs machistes ou de clichés anti-féministes. C’est un sourire qui parle tout seul. En tendant l’oreille, vous percevez la rumeur sourde qui en émane et répète sans se lasser : « Formation, éducation, culture, aménagement du territoire, émancipation, protection, développement durable, agriculture, forums participatifs, maternité, imaginer Poitou-Charentes autrement, imaginer la France autrement, imaginer autrement autrement. »
Apprenez cela par cœur, je vous en prie, vous gagnerez du temps.
Je souris partout est le slogan caché de ce sourire et aussi son programme de gouvernement. C’est un sourire de nettoyage et d’épuration. Il se dévoue pour en terminer avec le Jugement Terminal. […] C’est un sourire de salut public, comme il y a des gouvernements du même nom".
N'est-ce pas sidérant, cette lucidité de visionnaire ? Tu nous manques, Philippe...
17:50 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
30 janvier 2007
Ne trichons pas...
Je ne sais pas pourquoi la dernière mode française consiste à s’en prendre à Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne. Nicolas Sarkozy le brocarde durement ; et Ségolène Royal lui reproche son « omnipotence » (non, « omnipotence », cela ne signifie pas « un gibet pour tout le monde »). Les Guignols de l’Info ont réalisé un sketch hilarant où on la voit chanter, dans le style des comptines pour enfants, avec Henri Dès : « Elle est méchante la Banque centrale européenne, elle nous prend nos sous… pour en faire joujou ». Cette saynète est à peine exagérée, car Sa Royalitude demande précisément qu’on « élargisse le statut de la BCE » (ça veut dire quoi ? mystère et boule de gomme) pour qu’on y intègre « le progrès social ». Vous voyez le genre : le client va directement au guichet : « C’est pour un prêt ? » - « Non c’est pour du progrès social ». Soyons sérieux et reprenons. La BCE a été rendue nécessaire par la création de l’euro. C’est le même Traité qui, en 1999, a décidé de la monnaie et de la Banque communes. Oui : un Traité international, ratifié par tous les parlements. Ce qui signifie d’emblée que ces critiques, même si elles ne sont pas sans conséquences, sont sans avenir : il faudrait l’unanimité des membres de la zone euro pour remplacer le président (nommé pour huit ans et inamovible) ou pour modifier les statuts. On discute de ce qui ne peut advenir.
Cessons de croire, sur ce sujet comme sur tant d’autres, que nous devons à autrui nos propres difficultés. La BCE a sans doute le mauvais rôle : face à des États, la France notamment, qui ont un système social très généreux, elle veille à ce que la rigueur soit sauvegardée, pour conjurer l’inflation. Nous n’avons pas intérêt à accréditer l’idée que les choses iraient mieux si personne ne veillait sur le destin de la monnaie unique, surtout lorsqu’on voit que seuls 5 % des Français jugent que l’euro a eu un impact positif sur leur économie ! Fatale erreur : aujourd’hui que l’Allemagne retrouve sa croissance, imagine-t-on ce qui arriverait à un Franc ballotté face au Mark ? Nous avons créé un garde fou et nous lui reprochons de jouer son rôle. Ne brutalisons pas l’arbitre. C’est un peu comme la mondialisation, présentée parfois comme le Diable. Retenez ces simples chiffres : on doit à la modialisation, sur la totalité de l’année 2006, la délocalisation de 5 000 emplois hors de France. Alors que notre propre économie nationale en perd 15 000 par jour, et en crée ou en accueille autant. On ferait mieux de parler des quelque 400 000 offres d’emploi qui ne trouvent pas preneur sur notre territoire. Mais il nous faut un bouc émissaire. Arrêtons de… tricher.
15:37 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
29 janvier 2007
Des Abymes au sursaut...
On sous-estime les vertus du ti-punch et de la béguine. Toutes ces vapeurs vous échauffent l’esprit, lèvent vos inhibitions et finissent par remplacer le sérum de vérité. Voyez comment, entre deux phrases ânonnées en créole, Ségolène lâche cet aveu, qui sonne comme un début de repentance : « je veux sortir le débat de la médiocrité ». Claudel avait eu son pilier de Notre-Dame comme Saint-Paul son chemin de Damas. Ségolène aura eu le plongeon dans les Abymes, bien nommé canton de Guadeloupe. Cet examen de conscience et cette promesse de sursaut sont un premier pas vers la rédemption. Mais j’ai des doutes. Car pour cesser d’être médiocre, il ne suffit pas de le décider. Quelques rapides lectures de « la diplomatie pour les nuls », par exemple, restent nécessaires. Et puis, cette manière de jouer les victimes outragées (en gros : « tous ces méchants de droite font rien qu’à m’embêter, à comploter avec les puissances du mal et de l’argent pour dire du mal de moi ») m’insupporte. Quand on aligne les niaiseries et les bévues tout en prétendant diriger la France, on peut au moins accepter la critique. Mais tournons la page. On va voir, dans les semaines qui viennent, en quoi consiste cette nouvelle "non - médiocritude"… Enfin, patience, la révélation arrive : c'est précisément le 11 février que le PS sera, dit-on, en mesure de nous dire ce qu'il pense. Pas le 10 ou le 12, non. Le 11. Avant, il ne sait pas encore, après il ne saura plus.
09:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26 janvier 2007
Qu'avez-vous à dire pour votre défense ?
Sur la Défense non plus, Ségolène Royal ne sait rien. Je l'entends sur RMC, presque incrédule. Elle croit que la France ne dispose que d’un seul engin lance-missile, et non de sept. Autrement dit, elle n’a même pas entendu parler de la loi de programmation militaire et a oublié les longs débats que cette loi suscita dans son propre parti, réveillant des tensions très vives avec les Verts et avec le Parti communiste. Elle était pourtant députée. Tout cela laisse de plus en plus perplexe. Mais il y a pire : observez que ces aventures de Bécassine ne surprennent plus personne. On s’en amuse. On fait même reproche à ceux qui protestent ou qui s’en désolent. Par un retournement étrange, j’entends dire que ce pourrait être un avantage pour la candidate socialiste, car les Français trouveraient finalement sympathiques cette naïveté, cette ignorance, cette incompétence. Un édito de Libération, hier, après avoir recensé férocement les preuves de cette inaptitude, y voit pourtant, en conclusion, une forme de chance. Car, résume-t-il cruellement : « les électeurs veulent quelqu’un qui leur ressemble ». Mesure-t-on le mépris qui sous-tend de telles élucubrations ? Les Français apprécieront qu’on les prenne pour des nuls et qu’on voie dans la démocratie l’art de choisir le moins apte à exercer les fonctions. Remarquez, en matière d’ignorance, d’obscurantisme et d’errements, Sa Ségolitude ne se sentira pas dépaysée, avec Laguillier (qui a trouvé la solution au chômage : nationaliser toutes les entreprises et interdire aux patrons de quitter le territoire !) ou avec Bové qui compte arrêter la mondialisation avec sa fourche et son tracteur. S’il ne s’agissait pas du fonctionnement de nos institutions et de désigner le chef de la sixième puissance du monde, on pourrait en effet en sourire. Finalement, c’est DSK qui avait eu le mot juste, quand il dut, avec Fabius, jeter l’éponge après les primaires. Il concluait ainsi : « on ne lutte pas contre une hallucination collective ».
10:19 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24 janvier 2007
Parlez-vous le républicain ?
On disait naguère qu’un diplomate, c’est quelqu’un qui tourne deux fois sa langue dans sa bouche avant de ne rien dire. Voilà un conseil à donner à Sa Royalitude, qui va finir par nous fâcher avec nos amis et alliés. Après la Chine, l’Iran et le Proche-Orient, c’est le tollé au Canada. Imaginons la réaction de l’opinion française si Tony Blair ou Mme Merkel incitaient à la souveraineté du peuple corse ou à l’indépendance du pays basque ! La nouvelle porte-parole de Sa Candidatude, Christiane Taubira, a commencé très fort, justement à propos du Québec, avec cette formule qu'on croirait empruntée à Ionesco ou à Pierre Dac : "on ne va tout de même pas en faire un incident diplomatique !". Mais, si, justement, et c'est même déjà fait. Mais je ne veux pas insister car les commentaires unanimes sont suffisamment accablants. Ce n’est même plus drôle. Retenons tout de même que la géopolitique et la diplomatie, ce n’est pas le Guide du Routard. En revanche, une nouvelle incongruité vous a peut-être échappé. C’est donc la nomination de la volubile et diserte Christiane Taubira comme « déléguée nationale à l'expression républicaine ». On aurait pu choisir d’autres adjectifs : « expression citoyenne » voire «participative». Le but n'étant pas d’exprimer du sens mais de faire comme si. Étrange spécialité rhétorique : « Elle est comment votre parole ? ». « Républicaine ». « Très bien, continuez ». On ne sait de quelle nature seront désormais les expressions issues des autres porte-parole socialistes. Royalistes, sans doute.
10:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22 janvier 2007
L'impossible abbé Pierre
L’abbé Pierre était dans la lignée des saints les plus admirables de l’histoire chrétienne, ceux chez qui une sorte de colère gronde sans cesse, accompagnant la compassion. Comme Augustin, François d’Assise, Bruno, Dominique ou Benoît de Nursie, il fait partie de ces insurgés fondateurs, à la fois mystiques et vengeurs, qui ne confondent pas l’amour d’autrui avec un angélisme abstrait. Regard brûlant, énergie impatiente, véhémence prête au coup de gueule : on voyait bien que, de tout son être, il refusait. Camus dit quelque part qu’on découvre ce qu’est une valeur lorsqu’on sent, presque malgré soi, que l’on ne peut plus accepter, quand on se dit « non, ce n’est pas possible ». C’est bien cette dénégation qu’il répétait sans cesse, même dans sa marionnette des Guignols de l'info : « pas possible ». Sa guerre à l’injustice et à la misère était le reflet de cette pulsion profonde : ne pas subir. La charité est un combat et non pas seulement une aumône.
09:49 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Pour participer, levez le doigt...
L’instituteuse (car je parle désormais le royal sabir) a décidé de mettre au coin le vilain petit Montebourg, mauvais camarade qui s’était moqué de son copain Mimolette. Ces mœurs ont un relent de blouses grises, d’heures de colle, de piquet, de verbes à copier et de leçons de morale à l’ancienne. On constatera que le sens de l’humour est à Ségolène ce que la gastronomie allégée est au royal cheese burger. Mais, comme l’incident éclaire les comportements, je commence à m’inquiéter pour une France passée sous la coupe de cette gouvernante. Son lexique de duègne fait la part belle à l'ordre, ce qui est juste, à ce qui est bien, à ce qui est moral. Elle ne serre pas la main aux mal-pensants, comme l’a constaté Françoise de Panafieu à Jérusalem. On se met à sentir le fagot quand on la croise. Même Chevènement semble « destroy » à côté d’elle.
Je n’ai rien contre les déontologies et je préfère le bien au mal. Je ne dois pas être le seul. Mais l’histoire nous éclaire sur ce que produit la politique confondue avec l’empire des préceptes. Lisons Machiavel : nous savons que la morale s’adresse à l’individu et qu’elle fixe des fins ; alors que la politique se réalise par des groupes (partis, courants, classes, États…) et qu’elle prescrit des moyens. Tout le monde aspire au bonheur, à la justice, à la liberté. Mais ces bons sentiments ne font pas un programme politique. Il n’est pas inutile qu’un homme politique soit honnête, généreux, cultivé, compatissant. Mais ces vertus ne garantiront pas sa bonne gestion. D’ailleurs, que signifie cette « démocratie participative » dont ce chaperon sermonneur nous rebat les oreilles, comme si elle avait réinventé l’eau tiède ? Vous connaissez une démocratie où le citoyen ne participe pas, vous ? La politique n’est pas un film muet. Et la démocratie n'est pas une école disciplinaire où l’on peut parler si on a gentiment levé le doigt. Bref, je préfèrerai un bon programme plutôt que ce prêchi-prêcha qui sent (comme aurait Molière à propos de Tartuffe) la haire et la discipline.
08:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18 janvier 2007
Sur la compétitivité intellectuelle
La gauche (notamment ISF, l'Icône Ségocialiste Française) continue à nous ressasser que les États-Unis sont les ennemis de la culture. Et que quiconque les admire se fait complice d’un complot contre l’intelligence. C’est tout le contraire, à mon avis. La crise des professions intellectuelles, c'est chez nous qu'elle se développe, et elle est source de notre affaiblissement dans la compétitivité mondiale. Cette crise a deux raisons essentielles. La première est le passage d’une économie d’imitation (où il s’agissait pour la France de rattraper son retard technologique) à une économie d’innovation, qui suppose un mode d’organisation différent, reposant sur du « transfert de technologies », donc sur des liens beaucoup plus étroits entre enseignement, recherche et monde économique. La seconde est due à la mondialisation : elle exige une mobilité beaucoup plus grande des professions intellectuelles (professeurs, chercheurs, artistes) et donc une mise en concurrence au sein d’une sorte de marché mondial de l’intelligence. Sur ce sujet, il est vain de décrier un complot universel. Il importe simplement de rendre notre territoire plus attractif, afin de constituer de véritables pôles d’excellence au niveau européen, regroupant activités d’enseignement et de recherche, en lien avec le monde de la création culturelle et de l’entreprise. C'est ce que propose Nicoals Sarkozy. Des sources nouvelles de financement doivent sans doute être imaginées, mais ce n’est pas seulement une question de moyens : je rappelle que le Royaume-Uni ne consacre qu’1,9 % de son PIB à la recherche ; nous y consacrons 2,2 % pour des résultats nettement inférieurs.
De nombreux pays l’ont compris depuis bien longtemps : la croissance économique actuelle repose, non pas moins, mais de plus en plus sur l’intelligence : notamment sur la qualification de la main d’œuvre, sur sa faculté d’adaptation et d’imagination. Il n’y a donc pas, d’un côté, l’empire bicéphale du marché et de la bêtise et, de l’autre, le royaume désintéressé de l’intelligence et de la culture. Si tel était le cas, la logique de marché, privilégiée par les Etats-Unis, aurait dû y entraîner la disparition des intellectuels et des artistes. Or c’est l’inverse : on assiste à une « fuite des cerveaux » vers l’autre côté de l’Atlantique.
Au lieu de ces imprécations sur on ne sait quelle guerre livrée au savoir, il faut agir dans le monde réel, celui de la concurrence, donc du volontarisme. Nous avons besoin de nos intellectuels et de nos artistes, nous avons soif de leurs clartés et de leur génie : l’intelligence n’appartient pas à un underground, reflet fantasmatique d’un prolétariat exploité par un État-patron ou par des marchands de bonheur bêtifiant. Elle est la vie même, toujours renouvelée, l’exploration du possible dans un monde mobile, nous contraignant non à gémir, mais à agir.
10:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15 janvier 2007
Le silence des agneaux
Pendant que Nicolas Sarkozy, devant près de 100 000 personnes, présentait ses propositions, détaillées, précises, décisives, pour la France de demain, Ségolène Royal posait en madone des étables et en icône des bergeries, un agnelet dans les bras, vantant le chabichou et l'utilité du chanvre (pas indien, poitevin). D’un côté, un homme qui a mûri, qui prend la dimension de sa responsabilité vertigineuse, qui cherche à saisir en lui ce qui le motive et le justifie, qui tâche de se situer dans le jeu des influences historiques, qui réclame le parrainage des humanistes et des hommes de courage que la France a engendrés, qui dessine un vrai projet (social, fiscal, moral), qui s’ouvre aux autres et à son destin. De l’autre, une souriante aphasie, des néologismes ridicules, des bévues de néophyte, une ignorance abyssale des enjeux géopolitiques, des contradictions, des dînettes à la ferme. On aimerait que la candidate socialiste ait la bonté de bien vouloir nous dire (à part l’augmentation des impôts et la généralisation des 35 heures) ce qui la motive et ce qu’elle compterait faire de la France, si les électeurs étaient à ce point égarés qu’ils la choisissent pour guider notre nation. Est-ce trop demander ?
09:38 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10 janvier 2007
L'enclume et la cravache
Les socialistes ont commencé par plomber les entreprises françaises avec les 35 heures et en leur imposant les charges les plus élevées de tous les pays développés. Ils leur expliquent maintenant qu'il ne faut pas qu'elles viennent se plaindre si elles ne sont pas compétitives sur les marchés internationaux. Il faut vraiment avoir perdu tout sens commun pour oser dire, quand on a été ministre de Lionel Jospin, que les entreprises n'ont qu'à « procéder à leur propre évaluation », au lieu de regretter la perte de marchés à l'exportation. Ségolène Royal et ses amis matraquent les investisseurs et les entrepreneurs français. Ils leur promettent (par la voix de Hollande) davantage d'impôts et de contrôles. Puis ils leur reprochent de ne pas réussir. Autant accrocher des enclumes au cou d'un pur sang avant de lui faire courir le Prix de l'Arc de triomphe, quitte à le cravacher ou à l'envoyer à l'abattoir parce qu'il n'est pas assez véloce.
Alors c'est ça, la France de demain ? On ne voit plus à la télévision que des SDF, des asiles, des fils d'immigrés en quête de bagarres, des chômeurs qui défilent, des sans-papiers qui s'installent, des mécontents de tout et de rien. Une France grise et grincheuse, découragée à l'effort, vilipendée par ses propres élites, et stigmatisée depuis l'étranger par une candidate à la présidence de la République ! Ne pourrait-on, une fois par ci par là, exalter le mérite, le travail, les familles, la réussite, encourager les entreprises, qui, seules, font la richesse de la nation ?On a l'impression que tout le monde s'est mis à penser à l’envers, à rebours, à faux. On en vient même à considérer comme insultant d'être un émule de l'efficacité de l'économie américaine : voyez les socialistes qui reprochent à Sarkozy d'être « trop libéral », de regarder du côté des Etats-Unis, pays qui ignore le chômage, où le niveau de vie par tête d’habitant est presque une fois et demi le nôtre, et qui a porté pendant cent cinquante ans la croissance de toute la planète… De quel modèle vaudrait-il mieux se réclamer ? De la défunte Allemagne de l'Est ?
Ouvrira-t-on les yeux, enfin !
19:25 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


